Lard ou cochon?
19 01 2007
L’extraordinaire pétillement rédactionnel d’André Dufour. Extrait:
Alors que contre toute évidence et que partout dans le monde, même là où il n’exerce pas encore sa sanguinaire violence, l’Islam introduit l’intolérance, le mépris de l’Autre et l’obscurantisme jusque dans les pays qui accueillent en toute confiance une immigration musulmane, Malek Chebel nous «prouve» que l’islam, le sien, donc le vrai, c’est tolérant, ouvert sur l’Autre, c’est bon, c’est jouissif, c’est érotique.
C’est cochon, quoi. Et voilà une belle tranche de lard:
Mais où sont-ils donc passés ces militants animés de sentiments humanitaires et compassionnels qui, au nom de la défense des plus faibles, ont quadrillé et truffé notre territoire national et nos institutions de comités et collectifs de soutien à la cause palestinienne et ne manquent pas une occasion pour fustiger depuis près de 60 ans le sionisme, Israël, voire les Juifs en général?
Force est de croire qu’ils ont épuisé dans cette cause toute leur capacité d’indignation et de compassion, ce qui relègue tous les autres drames vécus par d’autres peuples au rang de causes orphelines. La lente digestion du Tibet par l’occupant chinois, le génocide Tutsi au Rwanda, le gazage des Kurdes par feu Saddam Hussein, ou, en ce moment même, le massacre des Masalits et des Zaghawas du Darfour par les janjawids arabes, véritables escadrons de la mort entretenus par le Soudan (qui, à l’instar de Pol Pot, embrigadent des enfants soldats de 11 à 14 ans) ont causé en quatre ans de «crise» (c’est par ce doux euphémisme que nos médias désignent cette série de viols, d’exterminations et de pillage) plus de 200 000 morts et provoqué l’exode d’un million de réfugiés, soit cent fois plus de morts et deux fois plus de réfugiés que chez les Palestiniens durant la guerre qu’ils ont déclanchée entre 1947 et 49, lors de la restauration de l’état d’Israël. Alors nos hystériques histrions pro palestiniens seraient-ils devenus insensibles au point de ne pas juger utile de mettre leurs réseaux et cellules dormantes en branle contre les instigateurs de ce véritable génocide? Mais que vient donc faire la compassion dans cette galère?
C’est que les «militants» en question, généralement anti-libéraux et «américophobes», n’en raisonnent pas moins en termes de marché. Dans cette optique, un «réfugié» Palestinien, «victime» la plus assistée du monde en matière d’aides financières et humanitaires, au point que ça devient une sorte de rente de situation transmissible de génération en génération, est politiquement plus rentable qu’un Masalit ou un Zaghawas dont la majorité du public, tributaire des grands médias, ignore jusqu’à l’existence. Or, bien qu’aussi musulmans que leurs bourreaux, ces peuples exterminés ont le double tort d’avoir une pigmentation noire, des Nègres en somme, et d’être persécutés par des Arabes. Or nos techniciens de l’agitprop connaissent parfaitement une règle élémentaire du marketing politique: on mobilise plus facilement contre les Juifs que contre les Arabes. Et avec moins de risques. A quoi tient le courage… ?
Et ça continue, que c’est un bonheur. Sur Libertyvox.





