Rassemblement de 150 à 200 personnes à Paris contre l’accouchement sous X
11 02 2007
Des personnes portent un tee-shirt marqué d’un X, le 10 février 2007 sur le parvis des Droits de l’Homme à ParisFrançois Guillot(AFP)Entre 150 et 200 personnes se sont rassemblées samedi après-midi à Paris, sur l’esplanade des Droits de l’Homme, place du Trocadéro, pour réclamer la suppression de l’accouchement sous X et du secret de la filiation.
Le plan ségoliste d’instrumentalisation des souffrances pour pousser à la culture de mort.






400 000 personnes nées sous X entre le XIXe et le XXe siècle, 560 en 2004 en France, contre 10.000 par an dans les années 70, et à l’arrivée… 150 à 200 manifestants. Les chiffres parlent d’eux-même !
Par ailleurs, quand on lit : “S’il est évident qu’une mère doit pouvoir, si elle le souhaite, accoucher dans la discrétion”, écrit la Cadco dans une lettre transmise aux candidats à la présidentielle, “l’enfant doit pouvoir, en tout cas dès lors qu’il est majeur, obtenir la communication de plein droit des informations identifiantes sur ses parents de naissance”, on nage en pleine contradiction ! Si une beurette de 17 ans accouche sous X pour *sauver littéralement sa vie* menaçée directement et explicitement par son entourage familial, on peut imaginer qu’elle ne serait pas forcément très tranquille à l’idée que son enfant puisse la retrouver quand elle aura 35 ans et 6 enfants de son mari épousé au bled. Elle risquera tout autant sa vie à ce moment-là. Les mentalités ont peut-être évolué *en France*, mais l’accouchement sous X ne sert pas qu’aux françaises d’origine, loin de là…
J’ai cotoyé pas mal de jeunes femmes de toutes origines sur le point d’accoucher sous X ou l’ayant fait, et je n’ai rencontré aucune mère dénaturée ou inconsciente parmi elles. Leur choix était cruellement douloureux, et elles ne s’y résolvaient que contraintes par une situation inextricable et parfois dangereuse pour leur vie (en particulier pour les maghrébines), et/ou pour donner une vraie chance à un enfant qu’elles entraîneraient à coup sûr dans le malheur si elles ne le confiaient pas à l’adoption. Elles font ça en pleine conscience, et malgré (ou à cause de) leurs profonds sentiments maternels.
Remettre en cause l’accouchement sous X revient à pousser ces jeunes femmes à abandonner leur enfant sur un terrain vague ou dans une poubelle, avorter à n’importe quel terme et dans des conditions plus que douteuses, ou risquer leur vie purement et simplement.
Le simple fait que les “boites à bébés” aient été installées ces dernières années en Allemagne, Hongrie, Tchéquie et Suisse devrait pousser la Cadco à réfléchir un peu plus loin que le bout de son nez. Ces dispositifs sont une nécessité dans des pays où l’accouchement sous X n’existe pas. Et c’est un pis-aller, parce que dans ce système, rien ne garantit la sécurité sanitaire de la grossesse et de l’accouchement. Pour l’accouchement sous X, un vrai suivi et un accouchement normalement médicalisé sont mis en place comme pour n’importe quelle autre femme.
La possibilité (et non l’obligation) de la mère à dévoiler son identité n’importe quand après la naissance est à mon avis la seule solution raisonnable. Le Conseil National d’Accès aux Origines Personnelles a été créé dans ce but.
(http://www.assemblee-nationale.fr/ta/ta0760.asp)
Si l’enfant ET sa mère (et non l’un des deux seul) veulent se rencontrer ou connaitre simplement leur identité, c’est désormais possible grâce au CNAOP. Mais une demande unilatérale de l’un ou de l’autre n’aboutira pas. Et je pense que c’est capital. Il y a des mères qui ne peuvent envisager, pour diverses raisons, que leur enfant les retrouve, et des enfants qui ne peuvent envisager, pour diverses raisons, que leur mère biologique les retrouve. C’est un fait à respecter coûte que coûte. Et un enfant légalement né sous X a plus de chances que sa mère s’adresse un jour au CNAOP pour lever le secret qu’un autre enfant abandonné sur un terrain vague et sauvé in extremis !!
La réflexion sur l’accouchement sous X va donc bien au-delà de la question de savoir si sa suppression augmentera ou non le nombre d’avortements, même si c’est un élément à prendre en compte selon ses convictions perso.
Je serais curieuse de savoir la proportion de “nés sous X” et de mères ayant accouchés sous X. Et de militants n’appartenant à aucune de ces catégories. Ce serait un éclairage très intéressant sur le degré de manipulation et d’incohérence de la CADCO.
Dans mon dernier paragraphe, je parlais des proportions *dans la manifestation*, bien sûr, pas en général… Merci de corriger si possible !