Francis Richard: Présidentielle : Analyse du second tour
10 05 2007
Francis Richard a voulu en avoir le cour net. Certains catholiques de tradition ont recommandé le vote blanc. Le Pen a invité ses électeurs à s’abstenir massivement. Qui a voté blanc ? Qui s’est abstenu ? Le résultat de ses recherches, c’est ce tableau à double entrée qui montre que les recommandations des uns et l’invitation de l’autre ont été sans aucun effet ou presque. A méditer.
La chronique de Francis Richard
Le tableau de Francis Richard (Excel)






Difficile à suivre, beaucoup trop d’aléatoires à mon sens dans la considération du transvasement des bulletins blancs, en outre, se fonder sur des sondages ipsos pour conclure à ces valeurs rajoute à ce sentiment… Mais ce n’est que mon avis.
De 1 à 3% d’abstention d’un tour à l’autre, pour moi c’est déjà un signe encourageant…
Nous ne disposons malheureusement pas d’autres sources d’information que les sondages. Un autre sondage, celui-là de CSA, donnait des chiffres similaires à Ipsos pour les transferts des voix du premier tour vers l’abstention, mais occultait complètement celui des bulletins blancs. C’est pourquoi j’ai retenu Ipsos.
Faute d’éléments tangibles ou du moins d’indication de tendance, les commentaires que j’ai lus ici ou là sont de pures spéculations ne reposant sur rien, sinon une intuition qui peut être trompeuse.
Les sondages valent ce qu’ils valent, mais en l’occurence ils sont assez fiables le jour de l’élection, puisqu’il ne s’agit plus d’intentions mais de choix. La preuve : les résultats donnés dès 18 heures étaient très proches du résultat final.
Mon souci était de savoir si réellement les mots d’ordre de vote blanc et d’abstention avaient été suivis d’effet. Il semble bien que non. En tout cas la progression des votes blancs et nuls n’a rien à voir avec les mots d’ordre ou dans une très faible mesure. Il ne faut donc pas se gargariser de leur progression, somme toute analogue à celle des bulletins blancs et nuls observée lors des précédents scrutins présidentiels (il y a toujours plus d’électeurs au second tour qu’au premier qui refusent de choisir parce qu’il ne reste que deux finalistes), tout en ne s’abstenant pas. C’est le premier enseignement.
La non progression des abstentions au second tour méritait, elle aussi, une explication. Il y a en effet comme d’habitude des abstentionnistes du premier tour qui votent au second. Mais cette fois cela a été contrebalancé par de nouveaux abstentionnistes. Ils ne viennent pas en masse des électeurs de Le Pen malgré son appel du 1er mai, mais beaucoup plus des électeurs de Bayrou. C’est le second enseignement.
C’est en refusant de voir les réalités en face que l’on va droit dans le mur. Les sondages, pour approximatifs qu’ils puissent être, nous permettent de connaître les tendances. Ils permettent d’en tirer des conclusions pour l’action future.
Ainsi la nouvelle évangélisation (prônée par le Pape Jean-Paul II) est-elle nécessaire, notamment en France qui est devenue une véritable terre de mission. Les Français s’affirment catholiques dans leur majorité, mais cela n’a que très peu d’incidence sur leurs choix politiques.
Il faut également faire ressortir les différences flagrantes de conception de la souveraineté du pays entre la droite nationale et l’ersatz proposé par Nicolas Sarkozy. Ce dernier reste un européiste convaincu. Son premier discours de président en est la manifestation éclatante.
Il faut enfin montrer que Sarkozy n’est pas un véritable défenseur des libertés économiques, sans lesquelles toute politique économique est vouée à l’échec. C’est un étatiste et un interventionniste masqué.
Bref il faut reconquérir les esprits.