Jeunesses socialistes et vote des mineurs: Vers une démocratie de l’inconscience ?
31 05 2007
Après les mineurs, les socialistes veulent faire voter les malades mentaux !
Entre minarets, immigration et réchauffement climatique, le parti socialiste peine à faire son marché dans les rayons de ce qui concerne réellement la population à moins de six mois des élections fédérales.
Après avoir offert au pays les spectacles pitoyables de leurs dissensions et des médiocres capacités cantatoires de leur Conseillère fédérale, les timoniers du parti se devaient de redresser la barre. L’imprécation indignée contre Blocher et l’UDC commençant un brin à lasser son monde, et les Verts rêvant de faire cavalier seul vers les hauts alpages du Conseil fédéral, restait à trouver quelque chose de nouveau, rassembleur, révolutionnaire.
Bref, on a turbiné sec au bureau directeur et l’on s’est aperçu que ce qu’il importait d’abord au parti de trouver était avant tout… des électeurs. Après avoir été trahis par les femmes, qui ont fini par comprendre, par les étrangers, qui ne vont pas tarder à comprendre, ne restait plus en stock que… des enfants. Des mineurs de plus de 16 ans, envoyés vers les urnes comme autant d’enfants-soldats dans une guerre à mort du sentimentalisme de gauche contre la raison gardée d’une certaine conception de la maturité.
Là aussi le calcul est mauvais, ils ont beau être drillés par la TV et les écoles d’Etat, ces gamins-là ne descendent pas de mai 68 et ne vont pas tarder à faire le calcul exact de leur intérêt. Mais la question n’est pas là, à très court terme, le vote à 16 ans est une victoire des jeunesses socialistes, sur le thème, lequel d’ailleurs ne fait vibrer que quelques grand-mères attendries, d’intéresser les “Jeunes” à la politique. Entre nous c’est un tuyau crevé, il a fallu s’y reprendre à trois fois à Glaris, au vote à main levé, pour faire passer le machin, il y a de fortes chances pour que le bébé leur claque dans les pattes dans bon nombre de cantons. Mais la question n’est pas là, c’est un truc qui marche pour le moment, on n’a que ça, faut foncer.
Une question se pose à l’observateur perplexe, depuis plusieurs années le PSS s’adonne à une fuite en avant dans la course aux électeurs. Ayant depuis longtemps renoncé à convaincre les citoyens d’un pays pratiquant la démocratie directe, et qu’on ne peut donc forcer par décret entre deux invitations à une présidentielle courue d’avance, le PS semble avoir opté pour la création artificielle de nouveau électeurs, vierges, et si possible encore suffisamment naïfs pour voter socialiste et rembourser le parti de son généreux et gratuit engagement pour leur obtention du droit de vote. Une seule question donc, mais jusqu’où iront-ils ?
Et bien ils iront jusqu’au bout, ils n’en sont d’ailleurs pas à leur coup d’essai, voilà 20 ans déjà qu’ils militent pour le droit de vote… des malades mentaux, pas moins.
Le 19.06.1987, le Conseiller national socialiste Hansjörg Braunschweig déposait une motion pour demander la levée de l’interdiction de vote concernant les personnes atteintes de maladie mentale ou de faiblesse d’esprit. Rien d’étonnant de la part des socialistes, lesquels ont depuis longtemps, sinon depuis toujours, exclu l’exercice de la raison de tout processus décisionnel. Cette demande sera réitérée à plusieurs reprises lors des consultations parlementaires de 1989 et de 1993.
En 2002, le 21 juin, l’art 2 de la loi sur les droits politiques, qui inscrivait cette interdiction, était définitivement aboli. Ladite interdiction ne tient plus aujourd’hui que par l’article 136 de la Constitution, nos amis socialistes attendant sans doute le moment opportun de présenter la chose au peuple… Genre dans un paquet de réforme, ou autre tour de passe-passe.
Avant de conclure, ce sujet mérite une petite explicitation, la question de la levée de l’interdiction pour les personnes atteintes de maladie mentale pourrait se comprendre dans la mesure où nous disposerions d’une définition un peu plus élaborée et précise que celle qui figure actuellement à l’art. 369 du code civil. Le fait qu’un sujet souffrant de dépression chronique mais conservant tout son discernement politique soit privé de ses droits s’explique mal. C’est d’ailleurs sans doute le propos de la motion de M. Braunschweig, que l’on ne peut pas accuser de malhonnêteté, seulement de poser un problème là où il y avait déjà la moitié d’une solution, et de faire flotter un doute sur la nécessité d’interdire ceux de ces malades dont il est avéré qu’ils n’ont pas la capacité de discernement. Dans cette mouvance, le Tessin a déjà levé l’interdiction de vote des malade mentaux. Une persévérance de 20 ans et la modification de la loi sur les droits politiques de 2002 en disent plus long sur la détermination et les projets du parti socialiste en cette matière que toute autre démonstration.
En revanche, en ce qui concerne la faiblesse d’esprit, qui semble plus relever du crétinisme congénital que d’une affection passagère, on comprend mal ce qui pourrait justifier un libre exercice des droits politiques. A moins que ce ne soit encore un coup du parti socialiste, en mal de candidats et d’électeurs, tentant à grand peine de trouver de nouveaux gogos pour acheter leur camelote de lendemains qui chantent… sur les plateaux d’Alain Morisod, à heure de grande écoute, ça va de soi !





