Francis Richard : L’acharnement de « L’Hebdo » sur Christoph Blocher.

lhebdo.jpg Pour la deuxième semaine consécutive « L’Hebdo » consacre 16 pages à Christoph Blocher ou à l’UDC. La semaine dernière l’hebdomadaire romand relevait 33 prétendues infractions en couverture, qui devenaient des attaques contre les institutions en pages intérieures et qui se révélaient être en réalité de pseudo-attaques comme j’en ai donné deux exemples la semaine dernière, tirées du catalogue du comptable socialiste François Cherix. Cette semaine, l’hebdo s’en prend de nouveau en couverture et en pages intérieures à Christoph Blocher et à l’UDC, devenue pour les besoins de sa cause l’ « Union démagogique des comploteurs ». Ce qui est – on en conviendra – d’une subtilité à nulle autre pareille.

Pourquoi « L’Hebdo » s’acharne-t-il ainsi ? Alain Jeannet, le procureur déguisé en journaliste, avait écrit dans son édito paru le 5 septembre : « le 12 décembre, les parlementaires ne doivent pas le réélire. Et réparer l’erreur commise en 2003 ». Il récidive dans son édito du 13 septembre en concluant : « ça suffit ! » Il est clair que le petit Jeannet s’acharne sur Christoph Blocher parce qu’il est partisan, ce qui ne le grandit pas. Mais après tout c’est son droit. Là où il charrie c’est quand il ose affirmer dans le même édito : « Nous le répétons : notre logique n’est pas politicienne, elle est journalistique ». C’est tout bonnement risible.

Alain Jeannet prétend dans son édito que sa logique journalistique lui – et son équipe rédactionnelle –  « commande de reconstituer les faits, de dégager les vrais enjeux, de dissiper les écrans de fumée ».

Contre ses accusés le procureur Jeannet et ses acolytes, ne savent en fait que manier l’invective. Le procureur hebdomadaire s’interroge avec une fausse naïveté : « l’UDC est-elle en train de perdre les pédales ? ». Il traite Christoph Mörgeli de « propagandiste en chef », qui « semble en tout cas sombrer dans un délire paranoïaque ». Ses acolytes traitent le même de « marionnettiste », de « dangereux manipulateur » et stigmatisent « le comportement infantile » de Christoph Blocher parce qu’à Montreux ce dernier répond à ses détracteurs par la dérision. On n’est pas plus aimable. C’est en tout cas d’une logique journalistique irréfutable.

Le procureur Jeannet et ses acolytes ne s’en tiennent pas à l’invective. Ils veulent faire tomber des têtes.

Il faut bien sûr que Christoph Blocher ne soit pas réélu conseiller fédéral le 12 décembre prochain. Pourquoi ? Parce que « L’Hebdo », procédant par insinuations, sans apporter les moindres preuves, qui ne figurent d’ailleurs pas dans le rapport de la Commission de gestion du Parlement – sinon pourquoi éprouverait-elle la nécessité de poursuivre ses investigations ? – considère que Christoph Blocher a enfreint la séparation des pouvoirs et qu’il a poussé le procureur de la Confédération, Valentin Roschacher, à la démission. Que celui-ci se soit révélé incompétent ne doit pas entrer en ligne de compte. C’est d’une logique journalistique irréfutable.

Les pièces du prétendu complot, trouvées par le plus pur des hasards dans la serviette de l’ex-banquier Oskar Holenweger, par la police allemande, sont sujettes à caution. Qu’à cela ne tienne, « L’Hebdo »  considère le complot comme avéré. Il y voit avec Alain Berset, le conseiller aux Etats socialiste, « une occasion unique de bouter Blocher hors du Conseil fédéral ». C’est sa seule préoccupation et c’est d’une logique journalistique irréfutable.

Mais il ne faut pas faire seulement tomber Blocher. Ce serait encore mieux de faire tomber la tête d’un autre gêneur, en l’occurrence Emanuel Hochstrasser, président de la Cour des plaintes du Tribunal fédéral. Il est suspecté lui aussi d’avoir poussé à la démission Valentin Roschacher, sans autre preuve qu’une visite faite par lui au château de Rhäzuns, propriété de Christoph Blocher, le 6 juin 2006, le jour  où sont publiées, dans le « Sonntagszeitung », des révélations sur les relations entre le prétendu repenti colombien Ramos et l’ex-procureur de la Confédération. D’ailleurs Alain Berset, toujours lui, dit qu’ « il faut destituer Hochstrasser ». Alors…C’est d’une logique journalistique irréfutable.    

« L’Hebdo » ferait bien de se méfier du retour de bâton. Comme le disait Pacal Décaillet sur Lausanne FM la semaine dernière : « ceux qui veulent dégommer Blocher ont intérêt à avoir du biscuit, un dossier solide, et béton ». Jusqu’à présent c’est plutôt faiblard. En couverture « L’Hebdo » prétend cette semaine révéler « les dessous d’une affaire qui empoisonne la Suisse ». En réalité, jusqu’à preuve du contraire, ce serait plutôt « L’Hebdo » qui empoisonnerait ses lecteurs en parlant imprudemment de « Blochergate »… C’est d’une logique journalistique irréfutable.

Francis Richard

 

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