Pourquoi je quitte l’UDC
21 10 2007
Avertissement à ceux qui se frotteraient d’avance les mains à l’idée d’un règlement de compte fratricide, passez votre chemin, ce n’est pas le propos, pas plus d’ailleurs que celui d’une énième complainte geignarde de jeune centriste effarouché par une campagne dont il tiendrait “absolument à se distancer”, pour tenter de grappiller un peu de cette illusion d’amour et de considération que le monde prétend nous refuser dès que nous lui refusons notre allégeance; non, pas de “aimez-moi quand même”, pas de “fasciiistes”, de nauséabond, ni d’”années les plus sombres de notre histoire”; navré, pas ce soir, j’ai la migraine…
Ce qui va suivre n’est pas non plus la première page des mémoires d’un jeune égocentrique sur le retour, gorgé de la prétention de vous expliquer ce qu’il faut penser, croire ou comprendre sous peine de n’avoir rien compris.
Ce n’est pas, enfin, un manifeste ni un communiqué ou que sais-je encore, pas même une liste à la Prévert de ce qui me pousse à agir de la sorte, juste, peut-être, l’envie de partager un sentiment qui mûrit depuis longtemps et profite de l’occasion pour pousser son petit cri primal.
Les lecteurs helvétiques, et surtout valaisans, auront remarqué ma candidature sous la bannière des jeunesses UDC du Valais central. Beaucoup d’entre eux m’ont témoigné de chaleureuses marques de soutien et je me sens, face à eux, en devoir d’expliquer pourquoi, tout comme il y a 4 ans, je n’ai pas du tout fait campagne et surtout pourquoi je milite, bien modestement il faut le reconnaître, depuis huit ans sans jamais avoir voulu de la carte du parti.
Les lecteurs français me pardonneront de ne pas m’étendre ici en introduction sur les méandres de la politique suisse (non, la Suisse n’est pas un département français) ni sur les considérations qui font que, d’un canton à l’autre, deux sections d’un seul et même parti peuvent présenter des idéologies totalement différentes pour ne pas dire conraires…
Au chapitre des raisons de cet étrange militantisme mercenaire, voici la première: Je suis un flemmard invétéré, mais ça c’est un détail.
2e raison: Je suis un anarchiste tombé dans le bénitier lorsque j’étais petit, la seule idée d’institution humaine à caractère hiérarchique, pyramidale ou même simplement disciplinaire m’est proprement insupportable; mettons ça sur le compte des tares congénitales (l’anarchisme, donc, pas le bénitier). Je ne m’étendrai pas non plus là-dessus sinon pour préciser que mon psychiatre est des plus optimistes quant à la suite du traitement.
3e raison: Je ne suis pas démocrate… J’entends d’ici les mouvements de charge des Kalachnikovs de la bien-pensance braquées sur mon ignoble personne.
Je m’explique: Tout d’abord, que ce soit clair, je n’y puis rien et fais en même temps que vous ce constat désolé. Ensuite, j’aime autant l’idée qu’un peuple puisse donner son avis sur une question le concernant que je puis avoir en horreur celle d’une dictature de la moindre majorité. J’aime les démocraties alpines du Moyen-Age mais voue une haine et un dégoût sans borne pour ces traînées révolutionnaires vautrées sur les autels de la Raison.
Qu’un peuple libre, dans une communauté distinctement restreinte, dans le cadre de la commune par exemple, s’exprime directement sur ce qu’il connaît, possède et comprend, rien n’est plus juste, mais qu’on en vienne à diviniser la volonté populaire et à recouvrir de la pourpre sacrée l’expression médiocre d’une populace jouée, dupée, terrorisée, appâtée ou séduite, qui se prend pour Dieu pour avoir un jour voté sa mort, cela dépasse les bornes du supportable.
Je n’ai rien à priori contre la démocratie, je ne ferai rien contre elle. Le principe, je l’ai dit, m’est plutôt sympathique, mais il ne s’agit rien de plus que d’un régime comme un autre, qui ne doit jouir d’auncun caractère obligatoire, et je refuse par conséquent d’en faire cette idole sacrée dont les Américains veulent à tout prix nous imposer le culte depuis la fin de la seconde guerre mondiale.
Cela va si loin dans l’aberration dogmatique que, dans les récents épisodes de la Guerre des Etoiles, la gracieuse princesse Amidala qui, comme son nom l’indique, est princesse, axiome inamovible de toute chanson de geste qui se respecte, en devient une “princesse élue” qui, une fois son mandat terminé, milite pour le salut de la démocratie dans l’espace*…pouah. On voit d’ici Charlemagne, Roland et Olivier préférer l’inaction à la chasse aux Sarrasins par crainte d’un ballottage de leur liste au premier tour.
Mon rejet de la démocratie se motive essentiellement par la situation actuelle d’icelle: nous ne sommes évidemment plus en démocratie, mais bien devant sa charogne ploutocrate que les médias, comme autant de toiletteurs funèbres, tentent de nous dépeindre comme la Belle au Bois Dormant attendant son baiser alors qu’on dirait la momie de Lénine un après-midi d’été après une panne de clim.
La démocratie n’est plus l’entreprise d’un homme ou d’un peuple libre, c’est le terrain de jeu des intérêts financiers. L’argent devrait banni du processus démocratique. La source de toute autorité sur terre est née dans une crèche et n’a porté qu’une couronne d’épines. A cela s’ajoute, phénomène plutôt nouveau, cette obligation malsaine d’humiliation publique des candidats, cette curieuse traduction de l’éternel sentiment de défiance envers le candidat à la députation du peuple qui vise à le rabaisser sans cesse, sans doute pour pouvoir mieux ensuite le manipuler, le contrôler ou s’assurer de sa docilité. N’a-t-on pas vu cette année candidates et candidats se dénuder sur des placards de promotion de sous-vêtements de supermarché pour démontrer de leur totale et entière soumission aux fantaisies caliguliennes d’un peuple abruti par la consommation et dont le seul souci est de s’assurer que son représentant sera aussi bas, mauvais, vulgaire et dépendant qu’il peut l’être.
Je ne suis pas royaliste, pour avoir lu les Ecritures, et je n’ai pas non plus l’intention de rétablir dans l’immédiat le régime de la Principauté épiscopale en Valais, ceci étant dit pour les quelques esprits chagrins qui me lisent et en aurait inquiétude.
Que suis-je alors ? Je suis chrétien… Mon Dieu que ces deux syllabes ont de simplicité quand elle ne sont accompagnées d’aucun adjectif, car ajouter à cela c’est toujours diminuer, mais de profondeur. A la suite de ce Père de l’Eglise qui définissait la Sainte Ecriture, on peut dire que la notion de “chrétien” est ce torrent où l’agneau peut passer à guet et ce fleuve où l’éléphant peut nager.
J’ai trouvé dans le christianisme la seule et unique doctrine qui puisse apporter la paix à l’homme sur cette terre et, dans la personne du Christ, de ce Dieu qui, par amour pour nous, S’est fait clouer les bras pour les garder toujours ouverts, le plus aimable des maîtres, le plus délicieux des Rois et le seul souverain auquel un Valaisan puisse jamais accepter de se soumettre… et encore, c’est bien parce que le Bon Dieu à nous est Valaisan (Cana, la preuve !) !
Loin d’être un chrétien exemplaire, très loin même, cette vision politique d’un Cristo-réalisme (du mexicain Cristo-Rey) s’est toujours imposée à moi comme la seule évidence possible.
Qu’importe le régime, il faut qu’Il règne. Le Valais de jadis, dans ses gouvernements féodaux, épiscopaux, patriotes, patriciens, démocratiques, a toujours su, cahin-caha et avec la forte dose d’humanité terrienne qui caractérise les habitants de ce pays, tirer profit de la doctrine chrétienne… et puis, un jour, plus rien.
Cette évidence, sans être une obsession, ne me quittait pas. J’étais jeune alors et, avec toute l’arrogance de mon âge dédaignai la gesticulation démocratique et puis, il faut le dire au moins une fois, notre Révolution à nous ayant eu lieu il y a peu, il ne fait pas particulièrement bon porter particule dans le Vieux Pays ces derniers temps; ce n’est pas que ça me serre un peu au col mais c’est tout comme.
Quand je m’engageai, l’UDC n’était que Oskar Freysinger, lequel offrait, et offre toujours, à titre personnel dorénavant, les garanties nécessaires et suffisantes à l’assimilation des valeurs chrétiennes, médecine indispensable à la bonne digestion de l’UDC dans le principe valaisan.
On n’en pensera ce qu’on voudra mais l’histoire retiendra que c’est Oskar Freysinger et personne d’autre qui aura permis que la tradition démocrate-chrétienne ne crève pas de sa belle mort après que le PDC se soit ouvertement défait de son fameux “C”.
Victime de son succès, l’UDC Valais a connu ces huit dernières un formidable appel d’air en direction de la tendance vieille radicale, nationaliste helvétienne, cléricophage et christophobe, laquelle, on ne l’a que trop vu ces dernières semaines dans sa façon de faire campagne, n’a décidément rien oublié ni rien appris depuis le Sonderbund.
Le droit naturel et chrétien qui se voulait le principe fondateur des statuts de l’UDC Valais se retrouvait, par un glissement des plus subtils, l’apanage exclusif du Mouvement chrétien conservateur auquel la même UDC voulait bien faire la grâce de se lier par engagement public. Conséquence instinctive de se retournement d’influence, les structures dirigeantes se voyaient discrètement nettoyer de tout ce qui était encore ouvertement chrétien.
Voilà la seule et unique raison de ma vidange du parti. Ce n’est en rien une déclaration de guerre, seulement le constat que l’alliance ne tient plus, que la tectonique des intérêts à creusé, peu à peu, des océans infranchissables.
Chrétienne ou tolérant les lumières du christianisme social, l’UDC offrait toutes les garanties d’une évolution dans la bonne direction et cette seule espérance, cette légitime perspective, justifiait largement l’engagement qui ne se justifie plus aujourd’hui.
Providentielle sans aucun doute sur la question de l’immigration, l’UDC, suisse ou valaisanne, l’est beaucoup moins sur tout un ensemble de domaines qu’elle préfère évacuer plutôt que de tenter de les comprendre. Ainsi c’est un non-sens des plus parfaits que de vouloir, sous prétexte de se garder de l’immigration de masse, fermer les frontières et, dans le même temps, ne rien faire de concret pour les familles ou la promotion de la culture de la vie.
Certes, l’UDC a signé des déclarations d’un rare courage, mais l’intime conviction m’est acquise qu’une fois élu, rares aussi seront les candidats de l’UDCVR philosophiquement à même de comprendre les promesses qu’ils ont faites et de les tenir.
La digue chrétienne ne tiendra plus longtemps à l’UDC, et c’est fort dommage car l’avenir montrera que c’est cela, le retour de vraies valeurs, basées sur un principe complet et qui a fait ses preuves, que nos peuples attendent.
Souvenons-nous à ce propos avec quelle audacieuse mauvaise foi le PDC s’était auto-intitulé “parti de la famille” et multipliait les portraits de poupons roses et frais sur leurs affiches quelques semaines seulement après avoir fait la promotion de la solution des délais à 14 semaines. Il n’y a qu’une seule raison à cela: la communication sur les valeurs, ça marche !
L’idée chrétienne, si elle est patiente, ne se partage ni ne se diminue et surtout pas sur l’autel de quelques trouvailles réactionnaires, aussi courageuses fussent-elle dans ce climat de police de la pensée. L’idée chrétienne est une pensée forte mais une fleur fragile dont il convient de semer la graine en terre favorable pour éviter que les considérations du monde ne viennent à l’étouffer, et cette fleur, une fois crûe, ne serait être mise au fusil des ambitions humaines.
Qui veut ignorer l’histoire se condamne à la revivre, cela m’a été un véritable crève-coeur que de voir, dans l’ignorance totale de l’histoire et de la culture de son pays, la jeunesse de ce parti, issue de la mouvance radicale, nous resservir comme autant de branches de salut les inventions séculaires du radicalisme sonderbundien pour finir d’éteindre les flammes catholique et fédéraliste de notre canton. Ainsi, nous imposer le culte d’un nationalisme helvétien mâtiné de folklore bernois tient du comble du grotesque obscène pour qui sait ce que le Valais a été, est et sera. A propos de jeunesse, il conviendra dans un proche avenir de fesser les quelques derniers moutons noirs qui confondent encore patriotisme démocrate et national-socialisme.
Ainsi, sans sa petite flamme fidèle, l’UDC Valais retombe au niveau de ses consoeurs romandes, un bourgeon agrarien du parti radical, un corps mort vidé de toute âme, une entité servile employée aux corvées de la finance plutôt qu’à celles du peuple.
Mon constat n’est pas celui de l’échec, cet article n’est pas un point final, bien au contraire, le chrétien doit relever la tête et témoigner de ce qu’il a reçu et ne plus jamais vendre son suffrage ni son soutien au plus offrant pour se libérer de la servitude politique politique. “Allez enseigner les nations“, le devoir du laïc chrétien passe aussi par là.
AR
*Laquelle démocratie interplanétaire a d’ailleurs permis l’accession au pouvoir du grand méchant dictateur de l’aventure, j’ai cité l’empereur ex-député Palpatine, un drôle de paradoxe qui ne semble pas déranger les scénaristes de cette série à succès.






Ah enfin une bonne nouvelle…Bon debarras!!!! Un poid mort de moins dans ce parti…Avec des gens comme vous, on perd des électeurs…
[MOD: Il faut croire que non... sans vouloir me vanter]
Je comprends les raisons de ce départ mais ne les partage pas. C’est un peu un comportement à la Ponce Pilate de se tirer comme ça et de laisser les choses se faire.
Quant aux valeurs chrétiennes de ce parti, elles sont et resteront. Nous sommes beaucoup à y tenir.
La porte reste ouverte. Chaque membre qui s’en va (à quelques exceptions près) est une perte et le parti est riche de ses membres…
[MOD: Il ya tout de même une différence entre se laver les mains et se retrousser les manches pour les plonger dans le cambouis. Je pense faire plus et mieux pour les chrétiens dans l'UDC en ouvrant (ou en appelant de mes voeux l'ouverture d') un front extérieur qu'en les regardant se faire décimer en attendant mon tour].
Je me demande comment vous avez pu accepter le protestant Blocher? Dites vous bien cher Monsieur que le Valais sans la Suisse ne serait qu une région complètement perdue…En effet, sans la pérequation financière notre canton serait finit….En plus, ce n’est pas avec le fruit de votre travail et les impots que vous payez à l’Etat que le Valais tourne..S’il compte la-dessus, il peut encore attendre un moment..L’UDC Valais a ce que j ai vu a progressé grâce au programme de l’UDC Suisse…Car quand je vois votre site, avec retour du prince eveque et compagnie, vous n attirerez pas un chat…Je ne suis pas valaisan, mais j’ose vous proposer de créer votre propre parti! En mettant en avant ouvertement votre fond de commerce, qu’on rie un coup…
[MOD: Le Valais a bien vécu mille ans sans la Suisse sans s'en porter plus mal. Pour le reste, je ne puis que vous suggérer de me lire de gauche à droite, ça aide. Et si vous n'avez que ma pauvreté à me reprocher, j'imagine que je dois me considérer heureux, ce genre de crime n'étant pas encore poursuivi]
Cher Monsieur,
Je constate avec grand plaisir votre départ qui ne va manquer nullement auprès de la population valaisanne (aux vues de votre résultat des élections). Néanmoins je vous suggère d’ouvrir un nouveau partie politique et prendre à vos côtés Sir Logean ( aux vues de son résultats ceci malgré qu’il se trouvait sur la même liste que Monsieur le Conseillé National Oscar Freysinger vous feriez une bonne paire de …) , peut être qu’à vous deux vous réussiriez à renverser l’UDC .
[MOD: Toujours heureux de donner du plaisir à une jolie femme. Mon but n'est pas et n'a jamais été de renverser l'UDC, mais bien de l'élever]
Franchement je t’ai lu et je constate que tu nous a pondu une belle diarrhée verbale! Allez, un de moins dans ce parti. Ciao!
[MOD: Ecrite en l'occurrence, mais c'est pas grave...]