Ada Marra : le fanatisme sans l’assumer

Mon Dieu, faut-il que les stagiaires de la RTS s'ennuient au cœur de l'été...

L'on saluera la célérité avec laquelle le média de "service public" tend le micro à l'élue socialiste. Opération réussie pour la parlementaire donc, humilier et provoquer son électorat pour crier au racisme et au sexisme à la première réaction, légitime, d'indignation (exception faite, bien sûr, de certains propos qui ne font qu'apporter de l'eau à ce triste moulin ; à se demander d'ailleurs si... mais passons). Pourquoi changer une formule qui marche, le désœuvrement médiatique est tel en cette saison et toute publicité est bonne à prendre.

La défense est à la hauteur du personnage, prendre prétexte d'une possible faute de typographie (qu'il aurait fallu reconnaître comme strictement volontaire au milieu de toutes les autres) pour prétendre que l'on n'a pas vraiment dit ce que l'on a écrit :

"Le déterminant est au (sic) majuscule [Mme Marra entend par là que toutes les lettres de l'article défini sont en majuscule] [...] Je voulais dire qu'il n'y avait pas une Suisse mais des Suisses. Je ne niais évidemment pas la Suisse en tant qu'entité, je parlais de plusieurs Suisses, culturelle [...] Tout cela est très clair dans mon post et j'invite les auditeurs à y aller [...]"

L'on entendrait presque la journaliste hocher de la tête benoîtement (il faut dire qu'on l'entend bien ricaner quand M. Buffat ose affirmer que la Suisse existe... 05:36), c'est fascinant...

En opposant "LA" Suisse à sa vision subalterne de "Suisses", plurielles, multiples, déclinées au gré de ses délires bien-pensants, en usant du mot-valise "entité" sans le faire suivre du moindre qualificatif, la socialiste s'embourbe dans son rejet de la reconnaissance de la Suisse comme corps étatique libre, indépendant et souverain. Ada Marra, élue au Conseil national, refuse de voir l'Etat qu'elle est censée représenter comme plein et entier, non parce qu'elle déteste fondamentalement notre pays, mais parce que l'Internationale socialiste a juré l'anéantissement des nations. "L'Internationale sera le genre humain", martèle l'hymne socialiste, tout le genre humain, sans exception, et tout ce qui protège les hommes de cet effroyable fantasme doit être annihilé.

C'est cela que nous qualifions de "négationnisme patriotique", propos que la RTS juge "très violent"... Propos cependant limpide et dûment étayé, et que nous maintenons sans difficulté. C'est cela être clair. Mme Marra pourra-t-elle seulement nous dire que la Suisse est un Etat souverain, que le canton de Vaud est un pays, son pays ? Elle a pourtant prêté serment, refusant sans doute d'assumer la symbolique trinitaire fédérale comme tous ceux de sa caste. Tout ce qui célèbre la Suisse et son histoire doit être oublié, détruit, nié. En 2009, elle ira jusqu'à déposer une motion demandant que l'hymne national soit "joué", en début de chaque session, pour délivrer ses pairs de l'obligation de le "chanter" que demandait Mme Estermann. Si une chose est claire, c'est bien que nous sommes confrontés à des idéologues fanatisés de l'anti-patriotisme, prêts à tout pour leur "lutte finale".

Mme Marra renvoie à son texte, "très clair" selon elle. En effet, c'est très clair :

"LA (sic) Suisse n’existe pas [...] L’histoire suisse comme toutes les histoires des pays du monde est faite de mythe et de récit national. Moi je sais que Guillaume Tell n’a jamais existé. Et que le pacte de 1291 n‘en est qu’un parmi d’autre (sic) et à un moment de l’histoire, il a été adopté comme un point de repère. C’est comme avec la religion les histoires des mythes nationaux : dès qu’on a plus le droit de les considérer avec un sens critique, c’est le début de la fin."

"LA" Suisse, la vraie, la seule, l'unique, la confédération d'Etats, l'union du peuple et des cantons, n'existe pas. Toutes les autres Suisses, oui, noyées dans le magma du relativisme gauchiste, ont droit de cité, mais cette Suisse, celle qui libère ses concitoyens de la domination mondialiste, celle-là n'a que le droit de se taire et disparaître. La légitimité de sa revendication à l'existence est même remise en doute, tant il paraît évident à la secte internationaliste que tout ce qui justifie l'idée de nation ne peut que relever du mythe.

Ada Marra persiste et signe quand elle détourne les paroles de Ramuz, qui dit très justement qu'il n'y a pas de peuple suisse. La Suisse n'est pas une nation, elle est une confédération d'Etats, sous délégation de compétences, l'union de 26 peuples dans le plein respect de leurs distinctions. Pour une fois qu'il peut servir à quelque chose, l'exemple européen est pour le moins éloquent : Qui parle de nation européenne, de peuple européen ? Dit-on à un Français, à un Allemand, qu'il est de nationalité européenne ? Non, et pourtant l'Union européenne fonctionne comme un Etat. Existe-t-elle ? Hélas oui.

La pensée libérale de gauche, qui a tant fait pour dissoudre les particularismes nationaux des cantons, prend pour acquis leur discret effacement sur la ligne d'horizon du village-monde et croit pouvoir récidiver impunément à l'échelon supérieur. Et tout cela pour atteindre un jour à ce vieux rêve éculé d'un seul peuple, dans un seul pays, sous la botte d'un seul chef.

Amis de la Suisse, Confédérés, Mme Marra et les siens sont les prédateurs naturels de tout ce qui sert à la liberté individuelle dans la forme que les peuples de Suisse, unis comme un seul homme, ont donné à leur alliance. La nation, les nations, la fédération de nations, c'est la liberté, leur dissolution, son exact contraire.

Adrien de Riedmatten
Coordinateur romand

Source asin.ch, avec l'aimable autorisation de l'auteur.

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