La RTS cherche-t-elle à influencer ses juges ?

Dans un sujet oisif, qui fleure bon les ennuis de l'été, le 19h30 de la RTS (dès 00:39) remet la compresse sur le marronnier des politiciens en stabulation libre sur les réseaux sociaux. Et rebelote, forcément, sur la légende urbaine de "la balle dans la nuque"...

rts avantaprèstotalOui, souvenez-vous, ce fameux scandale de carton-pâte sur lequel le candidat socialiste Stéphane Rossini, déjà égaré dans les brumes de l'oubli, comptait dur comme fer pour se faire élire. Ce qui n'arriva pas, tout comme la fameuse plainte - censée faire la preuve de la malignité du méphitique Adrien de Riedmatten -, qui devait tomber au premier jour ouvrable et n'est jamais venue... Jamais, un peu comme la raison aux socialistes.
Scandale, enfin, monté de toutes pièces par le commensal du Nouvelliste, Gilles Berreau, dont la seule action remarquable fut la promptitude avec laquelle il fit la preuve de son allégeance, 19 minutes, montre en main... Pas un record, il y en a encore de plus dociles, mais une belle performance, à saluer, tout de même.

Ici, la RTS choisit ses termes avec précaution, et pour cause, celle-ci ayant déjà été contrainte de modifier ses accusations mensongères à pas moins de... trois reprises. Foin d'appel au meurtre, de plaintes outrées, Pierre-Olivier Volet, le speaker, se contraint avec peine, parlant de "polémique", mais sans pouvoir s'empêcher de resservir la légende d'une "balle dans la nuque destinée à Stéphane Rossini". On ne se refait pas ; faites du journalisme, il en restera toujours quelque chose.

Vain acharnement

Contacté par la rédaction, le principal intéressé ne se dit pas étonné:

"La RTS s'enferre dans ses mensonges. Si polémique il y a eu, elle n'est que du fait de sa reprise servile d'informations non vérifiées. Il n'y a jamais eu la moindre menace à l'adresse de M. Rossini. La preuve ? Celui-ci n'a jamais déposé plainte.
La RTS s'en doutait depuis le début, qui a d'ailleurs accepté de modifier ses propos à plusieurs reprises, plusieurs jours d'affilée, pour éviter une brossée au pénal et de lourds dommages et intérêts. Elle a refusé toutefois de signaler ces modifications - on masque les fautes professionnelles en douce dans la maison -, ce qui est contraire à la charte des droits et devoirs du journaliste, raison pour laquelle j'ai finalement déposé plainte. On ne peut pas salir un innocent, lui refuser tout droit de réponse et pousser les preuves sous le tapis indéfiniment, la vérité finit toujours par ressortir.

La décision des juges est pour dans quelques semaines, ils s'agitent espérant donner ainsi plus de poids à leur version. Ca ne m'étonne pas vraiment, la bassesse ne les a jamais rebutés. Ils maintiennent à bout de bras le décor d'une gloire éteinte qui masque mal la ruine de l'institution. Ils se persuadent encore tant bien que mal de leur toute-puissance et de leur impunité mais leurs jours sont comptés. Ils oublient seulement de qui vient ce pouvoir, de pauvres types comme moi qu'ils jettent en pâture, contre qui ils dressent les dernières générations crédules pour qu'on en vienne à menacer leur femme et leurs enfants, parce que le mandat du service public aujourd'hui, c'est de casser de l'homme libre, de réduire du dissident au silence, au silence et à la peur. Ils veulent une chose, que l'on se taise, et bien c'est raté, nous sommes toujours plus nombreux à refuser ce monopole, cette confiscation de la liberté de parole.

Pour moi, le service public est mort depuis longtemps, l'institution est usée jusqu'à la corde, elle a été détournée par ceux qui ne supportent plus la démocratie directe et cherchent à tout prix un moyen de la contourner. La manipulation médiatique ne les mènera nulle part, elle n'a pas préservé l'empire soviétique de son effondrement, elle ne fera pas plus pour ce régime-là."

Adrien de Riedmatten dit encore vouloir demander un énième droit de réponse (voir ci-dessous), sans la moindre illusion.

Droit de réponse:

"Le 17.07.2017 le 19h30 de la RTS a associé mon nom à une "polémique sur une balle dans la nuque destinée à Stéphane Rossini". Aucune balle n'a jamais été destinée à ce Monsieur, lequel, aux dernières nouvelles, se porte comme un charme. Pour preuve, celui-ci ne s'est jamais résolu à déposer la plainte promise à de très nombreuses reprises. Si polémique il y a eu, celle-ci est conséquence de reprises d'informations inexactes par la RTS, informations d'ailleurs rectifiées à plusieurs reprises les 28 février, 2 et 3 mars 2017. Ce retour à une version pourtant déjà corrigée ne laisse de surprendre alors qu'une plainte à l'encontre de la RTS est toujours pendante."

Noël Macé

 

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